Le principe du satanisme est une inversion des dogmes chrétiens qui prône l'adoration du Prince du Mal : Satan, Lucifer, le diable... quel que soit son nom. Cette théologie négative a toujours existé dans le mythe judéo-chrétien mais n'est devenue dualiste qu'à partir des Évangiles et du Nouveau Testament. Le dieu unique de l'Ancien Testament Yahvé se montre parfois redoutable, et comme ses équivalents du Moyen-Orient, il dispose d'agents, malak Yahveh, anges chargés des basses besognes. Parmi eux se trouve un type d'ange, un satan, de la racine hébraïque stn signifiant « l'opposant », « celui qui met un obstacle ». Le terme « satan » est un titre et non pas un nom personnel, ce type d'ange faisant partie de la cour de Dieu comme bene'elohim (« fils de dieu »). Pour comprendre l'évolution de Satan en ange rebelle, il faut se replonger dans la littérature apocryphe apocalyptique d'avant l'ère chrétienne. Les livres d'Enoch décrivent la révolte des anges qui enfreignent la séparation entre le divin et l'humain en s'accouplant aux femmes. En outre, ils apprennent à l'humanité la métallurgie, l'art des bijoux et des cosmétiques. Ici naît l'existence du mal. Un lien est établi entre le sexe, la maîtrise de la technique par l'homme et le mal. L'ange prométhéen, Lucifer, est puni pour sa désobéissance, pour avoir transmis la connaissance charnelle et intellectuelle contre la volonté de Dieu.